01 octobre 2008

Petit aperçu du Birex 43...

Chers Anciens,


Afin de faire saliver ceux d'entre vous qui n'étaient pas à Fête de Groupe, et pour leur laisser le temps de prendre leur cotisation au G.A.G, vous n'aurez pas cette fois-ci l'intégralité du 43e BIREX tout de suite ...

Nous allons tout d'abord commencer par vous donner quelques articles avant de vous livrer en pâture la version complète en fin de semaine prochaine...!

Commençons par un "must" : en effet, BIREX remercie le Père Timoléon de Viviés (ancien CC VII, Moine à Notre-Dame de Donezan) d’avoir accepté de reprendre quelques souvenirs de l’Abbé Guy Montarien, aumônier défunt de la Troupe VIIe Paris.




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De Notre-Dame de Donezan, le 8 juin 2008

Chers Frères Scouts,

Tout petit homme, pour devenir homme à son tour, ne peut se contenter d’apprendre ce par quoi on devient homme dans un livre. Il a besoin de témoins, d’exemples, de héros qui éveillent sa conscience et le hissent au-dessus du marasme ambiant. Tout gamin de 15 ans n’est pas d’abord un apprenti voyou, s’il devient un voyou, c’est qu’il ne s’est trouvé personne sur sa route qui ait eu la classe suffisante pour l’entraîner plus haut. Nous autres avons rencontré l’Abbé.

Que vous dire de l’Abbé alors qu’on lui doit tout, et d’abord la grâce de la vocation monastique.

L’Abbé, c’était l’Abbé, et il n’y en avait pas d’autre. Pour le Groupe de vieux scouts et de jeunes routiers que nous formions, il était la référence. Devant certaines décisions à prendre (par ex : va-t-on défoncer le distributeur automatique de mars du bar de la fac ?), on se demandait « que dirait l’Abbé ? »

L’Abbé, c’était la sainteté joyeuse et attirante. Toujours égal à lui-même, souriant et accueillant toute misère. C’était une ancre, un point fixe sur lequel on pouvait toujours s’appuyer. Qu’on ait fait une petite bêtise, ou qu’on traîne le péché le plus dégoulinant, l’accueil au confessionnal était toujours le même, et la pénitence aussi, je crois.

L’Abbé, c’était le Prêtre, intégralement, tout donné, du plus haut cheveu de sa brosse jusqu’à la plante des pieds ; il était Prêtre. Et partout la même aisance sacerdotale, à l’Autel comme dans le métro. Et cette sainteté rayonnante le rendait aimable à tous, et le dernier progressiste ne savait résister à son sourire.

L’Abbé, c’était aussi et très fort la souffrance, et je ne parle de l’ascèse qu’il s’imposait volontairement. Il n’en parlait pas de cette souffrance, d’ailleurs il ne parlait pas de lui. Il ne disait jamais de mal d’autrui, et pourtant il aurait eu matière. Souffrance d’abord face au monde qui vit sans Dieu, où le malin règne impunément et salit tout ce qu’il touche. Souffrance surtout – et souffrance immense – due aux hommes d’Eglise.




Aujourd’hui où, malgré tout, les choses vont un peu mieux, on a du mal à imaginer ce qu’ont été ces années terribles pour ces Prêtres arrachés entre le désir d’obéir et celui d’être fidèles, années terribles au cours desquelles tout ce à quoi ils étaient viscéralement attachés est tombé en ruines. Ils ont fait l’expérience du Calvaire et du « Mon Dieu pourquoi m’as TU abandonné ? » Et là, l’Abbé a fait le choix héroïque « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » qui l’a conduit à la sainteté : il s’est appuyé sur Dieu seul, Tout était trop mesquin et laid autour de lui, il a fait le grand saut en Dieu. D’où sa fécondité.

Nous autres, de la VII, nous pensions que l’Abbé et la VII, c’était tout un, et nous aurions été bien surpris d’apprendre que le champ qu’il labourait était bien plus vaste. Combien ont formé de vrais foyers chrétiens grâce à lui ? Combien sont entrés dans le vie religieuse grâce à lui ? Combien ont franchi les marches de l’Autel grâce à lui ? Et surtout combien ont tenu fidèlement grâce à sa fidélité à lui ? Tout ça, on le saura au Ciel, où il nous attend, avec son sourire, et sous sa soutane le T-Shirt de la VII.


Père Timoléon de Viviés
Moine bénédictin

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