07 octobre 2008

Suite de notre Interview Exclusive !

Voici la suite de l'interview de l'abbé Brocard par BIREX


BIREX : Vous avez peut-être gardé le souvenir de moments forts en Troupe. Pouvez-vous en choisir un qui illustre la cohésion de la VIIème, et nous le raconter?

A. : « Les moments forts ne manquent pas dans l’histoire VII, chaque période a eu les siens. Pour ma part, j’en citerai deux qui correspondent à la période « préhistorique » de la VII. Ici, à Rome on parle de « jurassique » pour un événement qui remonte un peu dans le passé !

Lors du Grand Jeu du Camp d’été 1979 au Parc Soubise en Vendée nous devions surprendre les bûches de la IIIème Nancy ou du moins c’était ce qui avait été prévu…patatrac ! voilà que la maîtrise de la IIIème Nancy transforme le Grand Jeu et change la donne sans nous avertir : de chasseur nous devenions les proies. En effet, dans grandeur d’âme, pour équilibrer la donne contre la IIIème Nancy (3 patrouilles de 6-7), la troupe (à l’époque 5 patrouilles de 9) s’était divisée en deux. D’une part, la HP et la maîtrise qui devait surprendre les 3 patrouilles nancéennes disséminées sur un rayon de 20 km autour du camp et, de l’autre, le reste de la troupe (du 3e au cul de pat) sous la conduite de l’intendant de l’époque, mon frère Gilles. Avec la HP, dont certains camouflés à s’y méprendre en fils de fermiers locaux, nous avions monté des embuscades pour capturer un scout par patrouille. Mais voilà aux points fixés, pas de traces des patrouilles…on attend en vain. C’était avant les portables, bien évidemment, et donc pas moyen de communiquer avec le reste de la troupe.

Alors, tout à coup tout devient clair, « ils » sont allés surprendre le reste de notre troupe à leur bivouac….à 20 km d’où nous étions ! Oubliant les fatigues de la journée de marche nous voilà donc repartis…en marche forcée, la rage au coeur d’avoir été joués et inquiet pour le sort de nos cadets. Arrivés au bivouac, plus personne ! Vide ! Tous prisonniers ? On appelle, on crie, on siffle et, peu à peu du bois voisin sortent tous les scouts qui s’y étaient réfugiés lors de l’attaque perfide. Bref, pas un ne manque à l’appel, ouf ! Quelques instants de repos pour souffler, reprendre des forces avec un méga PPDM, mettre au point une stratégie et nous voilà sur pied : destination, le camp de la IIIème Nancy ! Ces bêtas ne s’y attendaient pas, ou du moins pas si tôt ni si vite, et dormaient du sommeil de l’impie…mal leur en pris, car voilà que déferlait sur eux la vague bleu et blanche…bilan : tous prisonniers à implorer la miséricorde des vainqueurs ! accordée, malgré la traîtrise.

La cohésion dans tout cela ? la force de caractère des aînés (CP et SP) prêts à courir au milieu de la nuit pour aller au secours des cadets malgré la fatigue et le sommeil, la réaction rapide des cadets, habiles à éviter le choc frontal avec un adversaire plus puissant pour préserver la victoire finale…et sauver l’Étendard en péril ! Tous ensemble, enfin, unis pour la victoire et la rédaction d’une belle page d’histoire VII !



BIREX : Pouvez-vous nous parler du prolongement du Scoutisme catholique vers la vocation surnaturelle qu’est le sacerdoce?

« Sans faire trop de rhétorique, il est indéniable que le scoutisme catholique intensément vécu peut favoriser l’éclosion de vocations sacerdotales, religieuses ou monastiques. Je ne dis pas qu’il les crée mais qu’il peut offrir l’humus idéal pour permettre aux jeunes d’entendre et reconnaître l’appel que leur lance le Maître de la Moisson.

En effet, le service, la générosité, le sacrifice, l’effort et le goût du beau, pour n’en citer que quelques-uns, sont autant d’instruments qui permettent aux scouts de découvrir le Surnaturel, une vie de foi et de prière venant parachever l’ensemble. Tout cela fait qu’aujourd’hui en France le scoutisme constitue la voie principale pour la découverte de la vocation sacerdotale.


Ce n’est pas qu’une impression personnelle, les chiffres et l’expérience quotidienne sont là pour le confirmer: chacun connaît au moins un ancien scout (de la VII ou d’une autre troupe) devenu prêtre, moine ou religieux. Tout ceci est également vrai pour le guidisme pour les mêmes motifs. […]»


Abbé Etienne Brocard

pour BIREX


[Suite de l’interview dans le prochain numéro]

Aucun commentaire: